53e congrès annuel et Salon forestier 1998
de l'Association forestière des Cantons de l'Est

27 et 28 novembre 1998

Hôtel Gouverneur
Saint-Hyacinthe (Québec)

 

Merci à nos généreux commanditaires!

Salon forestier 1998

Remise du prix Bertrand-Roy 1998

 

LE CONGRÈS EN BREF

 

La 53e édition du congrès de l'AFCE :

un carrefour de l'information sur la forêt!

Les 27 et 28 novembre, près de 250 congressistes ont assisté à la 53e édition du congrès annuel de l'Association forestière des Cantons de l'Est (AFCE), à l'Hôtel Gouverneur de Saint-Hyacinthe. L'AFCE est un organisme privé sans but lucratif qui intervient sur un territoire couvrant tout le sud-est du Québec.

Réélection de André Paquin à la présidence

Pour la deuxième année de son mandat, André Paquin, de Drummondville, a été réélu à la présidence. En outre, le conseil d'administration accueille deux nouveaux membres : Bruno Champeau, des Entreprises J.M. Champeau inc., de Saint-Malo, et André Blais, président du Syndicat des producteurs de bois de l'Estrie.

André L'Ecuyer présente la SGF Rexfor

Les congressistes ont eu l'occasion d'entendre le président et chef de la direction de SGF Rexfor, André L'Ecuyer, lors d'un dîner-causerie. Monsieur L'Ecuyer s'est joint en 1995 à SGF Rexfor, filiale de la Société générale de financement du Québec dédiée au développement de l'industrie forestière québécoise. SGF Rexfor compte des actifs de l'ordre de 364 millions de $ répartis entre deux filiales et une quinzaine d'entreprises affiliées. Le chiffre d'affaires de l'ensemble de ces entreprises dépasse 2 milliards de $ et couvre l'ensemble du secteur industriel : exploitation forestière, sciage, panneaux, pâtes et papiers, équipements de récolte et de transformation.

Monsieur L'Ecuyer a participé à la conclusion d'accords en vue de la mise en place de deux usines de fabrication de panneaux de plus de 100 millions de $ chacune à Maniwaki et La Baie. Il est en outre à l'origine du lancement du programme REX-INNOV destiné à investir dans les PME innovatrices et, depuis 1997, impliqué dans plusieurs entreprises de transformation du bois et de fabrication d'équipements.

De plus, la Société qu'il préside s'implique de façon majeure dans la diffusion et l'implantation de la géomatique forestière au Québec. Mentionnons également la mise en place du programme annuel de création d'emplois pour assistés sociaux avec formation en sylviculture, un investissement de 21 millions de $ en 1998.

Les méfaits du verglas et l'aménagement de nos forêts

Bruno Boulet, ing.f., de la Direction de la conservation du ministère des Ressources naturelles (MRN), a présenté un compte-rendu des dommages dans différents types de peuplements affectés par le verglas. Il a abordé l'impact des dommages sur la croissance des arbres et les méthodes d'aménagement à privilégier pour augmenter la résistance des peuplements face au verglas.

En janvier et février 1998, le MRN a effectué une reconnaissance aérienne afin d'évaluer la gravité des dommages et de circonscrire les aires forestières touchées. Les dommages se chiffrent à près de 17 700 km2 dont la presque totalité, soit 92 %, est de tenure privée. Les superficies forestières touchées renferment au total plus de 56,2 Mm3 de bois sur pied dont 24 % en érable à sucre et 18 % en érable rouge. Les peuplements à dominance feuillue dans lesquels les bris sont les plus inquiétants totalisent 444 385 ha soit une superficie équivalente à quatre fois celle du lac Saint-Jean.

Il est encore difficile de chiffrer la proportion du volume des arbres pour lesquels la survie est compromise à plus ou moins brève échéance. Le risque de mortalité est cependant plus élevé qu'ailleurs dans les régions de la Montérégie et du Centre-du-Québec. L'avenir des forêts les plus endommagées dépend, entre autres, de l'essence, de la qualité du site, de l'âge des arbres et de leur vigueur.

Les épisodes passés de verglas mettent en évidence des faits qu'il faudra cependant vérifier au cours des prochaines années. Les arbres dépouillés à moins de 50 % se rétabliront rapidement sans perdre de vigueur. Ceux touchés de 50 % à 80 % survivront pour la plupart, mais ils risquent de s'affaiblir et de se déprécier; ils prendront de trois à six ans pour se rétablir. Les érables à sucre, par exemple, qui ont perdu plus de 80 % de leurs branches risquent de mourir au cours des cinq prochaines années, sinon ils dépériront et vivoteront au cours des dix ou quinze prochaines années pour finalement mourir, victimes de la sécheresse, de l'insolation du tronc, des perceurs de l'érable et des champignons de carie.

Monsieur Boulet a rappelé qu'il faut bien connaître l'objectif de production à long terme de sa forêt afin de choisir la meilleure stratégie d'intervention. En outre, les producteurs ne doivent pas se dépêcher d'abattre les arbres encore vivants, car la qualité du bois n'est pas menacée à moyen terme, tant et aussi longtemps que les arbres sont vivants.

Les arbres et le verglas

Jean Lamontagne, pionnier de l'arboriculture urbaine au Québec et auteur de nombreuses publications, a présenté les différents dommages causés aux arbres ainsi que différentes techniques de taille et d'entretien des arbres et des arbustes afin d'obtenir une meilleure résistance au verglas. Il a également offert des conseils judicieux quant au choix des arbres.

Les conséquences du verglas sur les arbres
Le Québec a subi, en janvier dernier, une des pires tempêtes de verglas de son histoire. Cette tempête a endommagé environ 80 % des arbres de l'ouest du Québec. Jean Lamontagne a expliqué comment réaliser les interventions nécessaires à la sauvegarde des arbres d'ornement dont la majorité peut être réparée.

Le poids de la glace a arraché la cime des arbres sur des proportions allant jusqu'à 100 % de la ramure. Les observations de M. Lamontagne depuis plus de 20 ans sur les arbres urbains écimés démontre que plusieurs essences d'arbres écimés à plus de 40 % survivent difficilement à une perte de cette ampleur. En effet, plusieurs études ont démontré que l'écimage peut diminuer jusqu'à 50 % l'espérance de vie d'un arbre. Il est essentiel de connaître les conséquences qui en résultent pour procéder à certains traitements arboricoles afin de minimiser l'étendue des dommages. Le bouleau, le caryer, le chêne, l'érable à sucre, le hêtre, le marronnier et le noyer sont les plus vulnérables à l'écimage, car ces essences ont comme particularité de produire peu de bourgeons de secours après écimage. Cependant, d'autres essences sont reconnues pour en produire en très grande quantité notamment l'érable argenté, l'érable negundo, l'orme, le frêne, le pommier, le tilleul, le peuplier et le saule. Par ailleurs, M. Lamontagne a présenté les facteurs qui influencent à court terme puis à long terme la santé des arbres atteints.

Augmenter la résistance des arbres au verglas
Les conifères sont généralement reconnus pour bien résister aux tempêtes de verglas. La structure de même que la forme conique des conifères leur assure une meilleure résistance au poids de la neige et de la glace. Les feuillus, quant à eux, sont plus vulnérables en raison de leur structure et de leur cime plus étalée. La quantité de petites branches, la présence de fourches aiguës ou d'écorce incluse ainsi que l'âge, la hauteur et la symétrie de la cime à maturité sont autant de facteurs qui agissent sur la résistance des feuillus au verglas.

Une taille de formation où la forme pyramidale est privilégiée augmente de beaucoup la résistance au verglas des arbres qui sont reconnus comme moyennement ou peu résistants.

Pour favoriser la résistance au verglas, il faut donc procéder de façon régulière aux travaux d'entretien et de taille de formation sur les arbres d'ornement de manière à leur assurer une meilleure protection contre les assauts climatiques.

Salon forestier 1998

Le Salon forestier 1998 constituait une occasion unique pour l'industriel, le propriétaire de boisés, le producteur forestier et toute personne intéressée et concernée par l'arbre et la forêt d'échanger avec les gens du milieu. Près d'une quarantaine d'entreprises reliées à toutes les sphères d'activités des domaine forestier et arboricole étaient sur place pour présenter leurs nouveautés.

Autres activités

Parmi les autres activités au programme, les congressistes pouvaient assister à des ateliers techniques soit un atelier sur le tronçonnage des billots pour maximiser les revenus lors de la récolte, un atelier extérieur sur l'abattage sécuritaire des arbres après-verglas et, finalement, un atelier sur l'affûtage et l'entretien de la tronçonneuse.

 

 


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